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Quels sont les risques associés au clavardage ?



Les atteintes à la réputation et la propagande haineuse

En tant que conversation publique et se déroulant sous le couvert de l’anonymat, le clavardage peut présenter des risques pour les personnes. Lorsque la conversation est anonyme, les participants sont relativement libres de dire ce qu’ils veulent et peuvent se sentir invulnérables. On peut avoir tendance à dire des choses qu’on ne dirait pas dans une conversation face à face ou en groupe. De telles conversations peuvent ainsi causer du tort à une autre personne : dénigrement, insultes de façon ouverte et publique portant atteinte à la réputation d’une personne… Les conversations peuvent également porter atteinte à la dignité d’un ou de groupes et peuvent aller jusqu’à la propagande haineuse.

Ces risques peuvent être plus ou moins considérables selon le rôle joué par l’animateur ou le modérateur. Comme la diffamation et la propagande haineuse résultent de la diffusion publique des propos, elles ne peuvent être commises lors de conversation privée entre deux personnes se déroulant dans des salons de bavardage.

Questions à vérifier :

  • La session de clavardage est-elle encadrée par un animateur ou un modérateur ? Le sujet est-il libre ou s’il s’agit d’un thème précis ? Le contexte est-il propice à l’échange d’insultes, d’injures ou de menace?
  • Les propos sont-ils une expression légitime de l’opinion que l’on a sur la personne? Les faits mentionnés sont-ils vérifiables? Les propos sont-ils diffusés publiquement ?

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Les contenus à caractère pornographique et ne convenant pas au groupe concerné

Les personnes vulnérables, particulièrement les enfants, peuvent être en contact avec des contenus inappropriés, blessants, les mettant mal à l’aise ou ne convenant pas à leur âge (ex. : conversations de nature sexuelle, pornographique ou violente ou offensante). Les thèmes des canaux ne sont pas toujours consacrés à des sujets inoffensifs. Des discussions déplacées, compte tenu de l’auditoire, peuvent se dérouler sur un canal dont le thème est, de prime abord, respectable.

Questions à vérifier :

  • Le contenu convient-il à l’auditoire ? Dépasse-t-il les normes de tolérance telles qu’elles sont généralement perçues dans la société?
  • Est-ce que le message propose ou incite à poser des gestes contraires aux lois ou violents ?
  • Le message enfreint-il les règles de vie du groupe ou de l’institution?

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Les fusillades ( « flaming »)

Une personne peut aussi faire l’objet de «fusillades» ou de «flingues» («flaming») consistant en l’échange de messages agressifs dans le but de susciter chez elle une réaction de colère ou d’irritation.

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La divulgation de renseignements personnels, le harcèlement et les menaces

Sur un serveur public, n’importe qui peut emprunter un canal de communication et se joindre à la conversation. Grâce à l’anonymat, une personne peut emprunter une autre identité (prétendre avoir un âge différent, une apparence ou une personnalité différentes, être de sexe différent…), tisser des liens d’amitié avec une autre sous de fausses représentations et lui soutirer des informations personnelles permettant de l’identifier ou de la localiser (photo, numéro de téléphone, adresse, école fréquentée…). Ceci peut ouvrir la porte à du harcèlement et des menaces par courriel ou au moyen des fonctionnalités privées du clavardage. Ainsi, «À la suite d’une relation établie avec un étranger dans un bavardoir, un enfant peut recevoir du matériel pornographique, être victime de harcèlement en ligne ou même poussé à accepter un rendez-vous en personne. C’est rare, mais cela se produit, et le danger doit être pris au sérieux» (Réseau Éducation-Médias, Les bavardoirs, < http://www.education-medias.ca/ francais/ enseignants/ toile_enseignants/ toute_securite_enseignants/ bavardoirs_ens.cfm >.

Questions à vérifier :

  • Les échanges par clavardage peuvent-ils être l’occasion de divulgation de renseignements personnels du participant, d’éléments de son intimité, familiale ou autre, ou de celle d’une autre personne? Par exemple, le pseudonyme révèle-t-il des caractéristiques personnelles du participant ou permet-il de l’identifier d’une façon quelconque?
  • Les fonctionnalités du logiciel de clavardage permettent-ils l’échange de photos ou de vidéos ?

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Les rencontres hors ligne avec un étranger

Les bavardoirs se révèlent être parfois des lieux dangereux permettant aux pédophiles ou aux prédateurs de rencontrer des enfants. Règle générale, le scénario est le suivant : un individu, habituellement un homme, se joint à un bavardoir public afin de trouver un enfant qu’il croit vulnérable; puis il l’invite dans un salon de bavardage privé afin de faire mieux connaissance et le mettre en confiance; enfin suivent des échanges par courriel, par téléphone puis finalement, à une rencontre face à face.

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Les atteintes au droit d’auteur

Des oeuvres protégées par le droit d’auteur peuvent également être reproduites et diffusées sans droit lors d’une session de bavardage. Les droits de reproduction et de communication au public par télécommunication de l’œuvre, qui sont exclusifs à l’auteur, peuvent être violés ainsi que ses droits moraux.

Par exemple, une personne réécrit une œuvre ou une partie importante d’une œuvre d’un tiers (poème, chanson…) dans l’espace réservé aux messages et actionne la commande «Entrer» afin que le message apparaisse sur le forum public. Quoique les messages postés sont soumis à une commande automatique (refresh) qui les efface après quelques minutes, la reproduction, même éphémère, peut constituer une atteinte aux droits exclusifs de l’auteur et nécessite son autorisation.

Ensuite, le fait que ce message intégrant une œuvre protégée est accessible à tous les participants présents au forum public peut devenir une communication au public non autorisée par l’auteur. Par contre, si un tel message est échangé à l’intérieur d’une chambre privée ou sur une base personnelle avec un autre utilisateur alors que celui-ci se trouve dans un forum public (whispers), cela peut être considéré comme un échange privé ne donnant pas lieu à une communication au public de l’œuvre.

Questions à vérifier :

  • Les messages échangés reproduisent-ils des œuvres en contravention avec le droit d’auteur? S’agit-il de courts extraits ou d’une partie non importante de l’oeuvre ?

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